Louis Mathet

Louis Mathet
(1853-1920)

« Aux cerises »

Marbre blanc de Carrare
Dim. H.57 cm
Prêt du musée Rodin (Paris)




Cette œuvre a été acquise, par le musée Rodin, à la vente du 26 juin 2018, à Tarbes, chez Maître Adam.
Le musée Rodin a accepté le prêt au musée Massey jusqu’en septembre 2018 afin de renforcer les liens qui existent entre les deux musées par l’intermédiaire de l’œuvre de Louis Mathet.

Louis Mathet est né à Laloubère le 20 novembre 1853. Il débute comme apprenti chez le sculpteur de Tarbes Menvielle, puis rejoint l’atelier de Nelli.
Tarbes est alors une ville de sculpteurs. La Révolution Française et l’enrichissement d’une bourgeoisie aisée et érudite, qui souhaite décorer jardins et grandes demeures, développent le goût pour les arts la peinture et la sculpture. A Paris les Salons se multiplient. Comme les grandes familles l’Etat achète des œuvres qui viennent compléter les collections des musées naissants.

Les ateliers de sculptures connaissent une grande effervescence. Tarbes magnifiquement située au pied des Pyrénées connaît un essor important. Le marbre extrait des carrières de la montagne est acheminé dans la plaine où les sculpteurs s’installent et y trouvent des conditions très favorables. Le développement du chemin de fer permet le transport des œuvres vers la capitale.

Le premier à ouvrir cette voie est un jeune tailleur de pierre de Carrare, Nelli, qui arrive à Tarbes en 1802 et ouvre un atelier. Ces enfants seront tous tailleurs de pierre ou sculpteurs.

Tarbes a gardé la mémoire de ces années, les sculptures, les fontaines sculptées et les monuments sont nombreux.

Louis Mathet quitte Tarbes, s’installe à Paris et devient l’élève et l’assistant d’Auguste Rodin.

A Tarbes il participe à la création de la fontaine des Quatre-Vallées, aujourd’hui sur la place Marcadieu et sculpte la fontaine de la place de la Courteboule « L’inondation ».

« L’inondation » commémore la terrible crue de l’Adour qui, en 1875, fit de nombreuses victimes. Le monument représente une famille  tentant de fuir la montée des eaux.
Au premier plan, une jeune fille d’environ 10 ans se réfugie à l’abri du corps de son père et regarde avec effroi l’eau qui bouillonne à ses pieds.
Le musée Massey possède le plâtre original, étude de ce détail.




Détail repris par Louis Mathet pour réaliser « aux cerises ». La composition est la même, mais la jeune fille semble s’accrocher ou monter à un cerisier pour y cueillir des fruits qui tombent à ses pieds. Son regard n’est plus celui de l’effroi mais de la joie et du bonheur.